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Guides 18 min de lecturePublié le

Migrer vers Shopify sans perdre son SEO

Le plan technique pour migrer de WooCommerce, PrestaShop ou Magento vers Shopify sans perdre vos positions Google : audit, redirections 301, suivi.

Sommaire13 parties
  1. Pourquoi une migration fait perdre des positions (et comment l'éviter)
  2. Étape 1 : audit complet des URL et du trafic existant
  3. Étape 2 : le plan de redirections 301 exhaustif
  4. Étape 3 : préserver le contenu, les balises et le maillage
  5. Étape 4 : transfert des données (produits, clients, commandes)
  6. Étape 5 : la recette avant bascule
  7. Étape 6 : le jour du basculement
  8. Étape 7 : checklist post-migration et suivi
  9. Les erreurs qui coûtent le plus cher
  10. Combien de temps et quel budget prévoir
  11. Les spécificités selon votre plateforme de départ
  12. En résumé
  13. Questions fréquentes

Le plan technique pour migrer de WooCommerce, PrestaShop ou Magento vers Shopify sans perdre vos positions Google : audit des URL, redirections 301, contenu, bascule et suivi.

Une migration Shopify ne fait pas perdre votre SEO si vous cartographiez chaque URL existante et posez une redirection 301 vers son équivalent Shopify, en une seule fois, le jour du basculement. C'est le facteur qui compte le plus. Le reste (choix du thème, design, structure des collections) n'efface pas vos positions tant que les adresses restent correctement reliées et que les contenus sont conservés.

Concrètement : vous exportez toutes vos URL indexées (Search Console, sitemap, crawl), vous construisez une table de correspondance ancienne URL → nouvelle URL, vous importez ce plan dans Shopify, vous vérifiez les redirections après la bascule, puis vous surveillez vos positions pendant 8 à 12 semaines.

Une migration mal préparée peut coûter une part importante du trafic organique pendant plusieurs mois. Bien exécutée, la perte reste marginale et se rattrape en quelques semaines. Voici le plan, étape par étape. Ce guide couvre la méthode, valable quelle que soit votre plateforme de départ ; les particularités de chaque CMS sont traitées en fin d'article et dans nos guides dédiés.

Pourquoi une migration fait perdre des positions (et comment l'éviter)

Google n'a aucune raison de vous pénaliser parce que vous changez de plateforme. Il n'existe pas de malus « changement de CMS » dans l'algorithme. La perte de trafic vient d'erreurs techniques, pas du passage à Shopify. Trois causes réelles, par ordre de fréquence.

  • Des URL qui changent sans redirection. Une fiche produit qui vivait sous une adresse donnée se retrouve sous /products/. Sans 301, Google voit une 404, désindexe la page au bout de quelques semaines et vous perdez le positionnement accumulé, y compris sur les requêtes de marque.

  • La perte de l'autorité des liens. Vos backlinks pointent vers les anciennes adresses. Une 301 fait de la nouvelle page la référence et lui transmet ces signaux ; une 404 les perd purement et simplement. Sur un site qui a mis trois ans à accumuler des liens, c'est le capital le plus difficile à reconstruire.

  • Le contenu appauvri. Beaucoup de marchands refont leurs fiches produits à la hâte pendant la migration et coupent une grande partie du texte qui se positionnait. Le contenu, c'est ce qui positionne. Une page ramenée de 900 à 200 mots perd ses positions même avec une redirection parfaite.

À ces trois causes s'ajoutent deux fautes plus rares mais graves : un robots.txt hérité de la préproduction qui bloque le crawl, et une balise noindex oubliée dans le thème. Les deux peuvent désindexer une boutique entière en quelques semaines.

Le mythe du « Shopify est mauvais pour le SEO »

Faux. Shopify gère nativement les sitemaps XML, le HTTPS, les balises canoniques, la pagination et l'affichage mobile. La vraie contrainte structurelle, c'est le préfixe d'URL imposé (/products/, /collections/) que vous ne pouvez pas supprimer, ainsi que la duplication produit/collection qu'il faut canoniser correctement. Ce n'est pas un problème de classement : Google ne tient pas compte de la longueur du chemin tant que la redirection est propre et le canonique cohérent.

Si vous partez d'une base saine, lisez notre guide SEO Shopify en parallèle de ce plan de migration : il détaille ce que vous devrez optimiser une fois la bascule stabilisée.

Des épingles blanches reliées chacune par un fil tendu à une épingle bleue, sur un panneau clair.

Étape 1  :audit complet des URL et du trafic existant

Vous ne pouvez pas rediriger ce que vous n'avez pas cartographié. Avant de toucher à quoi que ce soit, vous construisez l'inventaire exhaustif de l'existant. Comptez une à deux semaines selon la taille du catalogue. C'est l'étape que tout le monde bâcle, et c'est celle qui détermine l'essentiel du résultat.

Les sources à croiser, aucune ne suffit seule :

  • Google Search Console : exportez toutes les pages indexées via le rapport « Indexation des pages », ainsi que les requêtes par page sur 12 mois. C'est votre source de vérité sur ce qui génère réellement du trafic, et non sur ce que vous croyez important.

  • Crawl complet avec Screaming Frog, Sitebulb ou équivalent : il récupère toutes les URL réellement accessibles, leurs codes HTTP, balises title, meta description, H1, canoniques et profondeur de clic. Lancez-le en mode « liste » sur le sitemap, puis en mode « spider » depuis l'accueil : les deux ne donnent jamais le même résultat.

  • Sitemap XML actuel : la liste « officielle » de ce que la plateforme déclare à Google. Comparez-la au crawl : l'écart révèle les pages orphelines et les pages déclarées mais mortes.

  • Google Analytics 4 : identifiez les pages d'atterrissage organiques qui pèsent le plus en sessions et surtout en chiffre d'affaires. Une page à 40 visites par mois qui convertit à 5 % vaut plus qu'une page à 400 visites qui ne convertit pas.

  • Backlinks (Ahrefs, Semrush ou le rapport « Liens » de la Search Console) : repérez les pages les plus liées depuis l'extérieur. Ce sont vos redirections prioritaires : une seule oubliée sur une page à fort profil de liens peut coûter plusieurs mois de récupération.

  • Logs serveur, si vous y avez accès : ils montrent ce que Googlebot explore réellement, y compris des URL oubliées qui restent dans son index depuis des années.

Le livrable de cette étape : un tableur unique qui liste chaque URL avec son trafic, ses positions, son nombre de backlinks et son chiffre d'affaires. Ajoutez une colonne « priorité » (haute, moyenne, basse) pour trancher les arbitrages plus tard, quand le temps manquera. Ce fichier devient le document de référence de tout le projet.

Type de page

Volume typique

Priorité SEO

Risque si mal redirigée

Fiches produits

Élevé (souvent la majorité des URL)

Haute

Perte directe de chiffre d'affaires

Collections / catégories

Moyen

Très haute

Souvent les meilleures positions

Articles de blog

Variable

Haute

Backlinks concentrés ici

Pages CMS (à propos, FAQ)

Faible

Moyenne

Faible, mais signal de confiance

Pages paginées et filtrées

Élevé

Basse

Nul si les canoniques sont bien posés

Pages techniques (panier, compte)

Faible

À ne PAS indexer

Aucun

Profitez de cet audit pour faire le tri. Une migration est le meilleur moment pour supprimer les 300 fiches produits jamais consultées depuis deux ans : moins d'URL à rediriger, un budget de crawl mieux réparti, un catalogue plus lisible. Mais supprimez en connaissance de cause, avec les chiffres sous les yeux, pas au jugé.

Étape 2  :le plan de redirections 301 exhaustif

C'est le cœur de la migration. Une redirection 301 dit à Google « cette page a déménagé définitivement » : il affiche alors la nouvelle adresse dans ses résultats et la traite comme la référence. Une 302, temporaire, ne joue pas ce rôle : Google garde l'ancienne URL en tête. Ne l'utilisez jamais pour une migration, même « le temps de tester ».

Construire la table de correspondance

Vous partez de votre liste d'URL auditée et vous associez chaque ancienne adresse à sa nouvelle URL Shopify. Le format des URL change selon la plateforme d'origine, et c'est là que se joue le volume de travail manuel.

Plateforme

Ancien format produit

Format Shopify

Correspondance

WooCommerce

/produit/chaise-bois

/products/chaise-bois

1:1, automatisable

PrestaShop

/12-chaise-bois.html

/products/chaise-bois

Suppression de l'identifiant, slug à nettoyer

Magento

/chaise-bois.html

/products/chaise-bois

Suppression du .html

Wix / Squarespace

/product-page/chaise-bois

/products/chaise-bois

1:1, automatisable

Pour les catégories, la logique est identique mais l'arbitrage est plus délicat : les plateformes qui utilisent des chemins imbriqués (/meubles/salon/chaises) voient leur hiérarchie aplatie par Shopify en /collections/chaises. D'où l'importance d'associer manuellement les catégories qui se positionnent, sans laisser un script décider à votre place. Une catégorie bien positionnée redirigée vers la mauvaise collection, c'est une position perdue pour des mois.

Traitez aussi les cas que tout le monde oublie : les redirections déjà en place sur la plateforme actuelle (elles doivent pointer directement vers la destination Shopify finale, pas vers une URL elle-même redirigée), les URL en HTTP, les variantes avec et sans www, les URL à paramètres de suivi indexées par erreur, les pages de tags, les flux RSS et les anciens fichiers PDF qui reçoivent des liens.

Implémenter les redirections dans Shopify

Trois méthodes selon le volume :

  • Manuelle (Contenu → Menus → Redirections d'URL) : viable jusqu'à une cinquantaine d'URL. Au-delà, c'est ingérable et source d'erreurs de saisie.

  • Import CSV en masse : Shopify accepte un fichier avec les colonnes « Redirect from » et « Redirect to ». C'est la méthode standard pour des centaines à des milliers d'URL, dans la limite de 100 000 redirections par boutique (20 millions sur Plus). Importez par lots de 1 000 lignes pour repérer facilement les erreurs de format.

  • Application de redirections : pour la gestion continue des 404 après la migration, ou si vous avez besoin de règles par motif plutôt que ligne à ligne.

Règles non négociables, quelle que soit la méthode :

  • Pas de chaînes de redirection (URL A → B → C). Chaque ancienne URL pointe directement vers la destination finale. Chaque saut supplémentaire ralentit le crawl et multiplie les risques de casse.

  • Aucune redirection vers l'accueil par défaut. Une fiche produit sans équivalent part vers la collection la plus proche, pas vers /. Google peut traiter une 301 vers une page sans rapport comme une soft 404, et rien n'est transmis.

  • Respectez le HTTPS et la casse. Une redirection cassée par une majuscule, c'est une 404. Normalisez tout en minuscules dans votre fichier source avant l'import.

  • Une seule ligne par URL source. Les doublons dans le CSV provoquent des rejets silencieux à l'import.

  • Testez un échantillon avant l'import complet : 20 lignes, vérification manuelle, puis le reste.

Si vous préférez déléguer cette partie, notre page migration Shopify présente la façon dont nous abordons ces projets.

Étape 3  :préserver le contenu, les balises et le maillage

Les redirections transmettent les signaux, mais elles ne suffisent pas à conserver les positions si la page d'arrivée ne dit plus la même chose que celle de départ. Google réévalue systématiquement la pertinence de la destination.

  • Balises title et meta description : importez-les depuis votre audit, ne laissez jamais Shopify les regénérer automatiquement à partir du nom du produit. Une balise title qui perd son modificateur (« pas cher », « livraison gratuite », la marque) perd les requêtes de longue traîne associées.

  • Contenu éditorial : reprenez les descriptions complètes, à la virgule près. Si vous voulez les réécrire, et vous devriez le faire à terme, faites-le après la stabilisation des positions, pas pendant. Une seule variable à la fois.

  • Structure des titres : conservez le H1 et la hiérarchie des sous-titres. Certains thèmes transforment le nom de la boutique en H1 sur les pages internes : vérifiez-le pour chaque type de gabarit.

  • Données structurées : Shopify génère un balisage de base, mais pour conserver vos résultats enrichis (étoiles, prix, disponibilité), il faut souvent compléter le JSON-LD Product dans le thème et le valider avec le test des résultats enrichis de Google.

  • Canoniques : vérifiez le comportement sur les collections filtrées et paginées, ainsi que sur les produits accessibles depuis plusieurs collections. C'est la première source de duplication sur Shopify.

  • Hreflang : si vous êtes multilingue, la configuration se refait entièrement (Shopify Markets ou application dédiée). Ne basculez pas sans l'avoir testée en préproduction.

  • Maillage interne : les liens contextuels de vos anciens contenus doivent pointer vers les nouvelles URL, pas transiter par des redirections. Un article qui pointe vers dix URL redirigées, c'est dix sauts inutiles à chaque passage du robot.

Si votre migration s'accompagne d'un changement de design, lisez aussi quand et comment refondre son site e-commerce avant de fixer le calendrier.

Étape 4  :transfert des données (produits, clients, commandes)

Le SEO se joue sur les URL, mais une migration ratée sur les données vous coûte du chiffre d'affaires et la confiance de vos clients. Trois flux à transférer proprement, dans cet ordre.

Produits et collections

  • Méthode CSV native : Shopify importe un CSV produits (titre, description, variantes, prix, SKU, stock, images). Gratuite, mais limitée sur les champs personnalisés et pénible au-delà de quelques centaines de références.

  • Applications de migration : Store Migration, l'application gratuite de Shopify, couvre notamment WooCommerce, Wix, Square et Etsy, mais pas Magento ni PrestaShop. LitExtension et Cart2Cart facturent un tarif unique selon le volume migré ; Matrixify fonctionne par abonnement, de 20 à 200 dollars par mois. Ces outils gèrent les gros catalogues, les variantes complexes et les métadonnées : c'est le meilleur rapport temps/argent du projet.

  • Contrôle systématique après import : images bien associées, variantes correctement générées, prix et stocks exacts, descriptions non tronquées par un caractère spécial mal encodé. Vérifiez un échantillon de 30 produits à la main, en couvrant chaque type de fiche. Depuis octobre 2025, Shopify accepte jusqu'à 2 048 variantes par produit, mais trois options au maximum.

Clients et commandes

Les comptes clients (avec leur consentement RGPD), l'historique de commandes et les avis produits se migrent par CSV ou par application. Les mots de passe ne sont jamais transférables, car ils sont hachés différemment d'une plateforme à l'autre. Les nouveaux comptes clients de Shopify, seule version proposée aux nouvelles boutiques depuis février 2026, contournent le problème : la connexion se fait par un code à usage unique envoyé par e-mail. Prévoyez tout de même un message qui explique ce changement, envoyé le jour même de la bascule et non trois jours plus tard. Les avis (Trustpilot, Avis Vérifiés, Loox) nécessitent souvent un connecteur spécifique, et leur disparition pèse sur la conversion bien plus vite que n'importe quelle variation de position.

Ce qui ne se migre pas

Soyez lucide sur ce qui va disparaître : les développements sur mesure de l'ancienne plateforme, les configurations de plugins, les règles de promotion complexes, les champs personnalisés exotiques et les intégrations ERP ou CRM devront être recréés dans l'écosystème Shopify. Listez-les pendant l'audit et chiffrez leur remplacement : c'est souvent là que les budgets dérapent, pas sur le transfert du catalogue.

Étape 5  :la recette avant bascule

La boutique Shopify se construit en parallèle de l'ancienne, protégée par un mot de passe. Cette phase de recette dure une à deux semaines et conditionne la sérénité du jour J.

  • Vérifier chaque gabarit (accueil, collection, produit simple, produit à variantes, article, page CMS, recherche, 404) sur mobile et sur ordinateur.

  • Passer une commande test complète par moyen de paiement et par mode de livraison, code promo inclus.

  • Contrôler les e-mails transactionnels : confirmation, expédition, remboursement, création de compte, code de connexion.

  • Charger le fichier de redirections et vérifier son acceptation ligne à ligne : Shopify rejette silencieusement certaines entrées.

  • Valider les balises title et meta sur un échantillon de 50 pages représentatives.

  • Installer et tester les outils de mesure (Analytics, Search Console, pixels) avec des événements réels.

  • Vérifier les obligations légales : mentions, CGV et bouton de rétractation, obligatoire depuis le 19 juin 2026 pour la vente en ligne aux consommateurs de l'UE.

  • Préparer le message client : e-mail d'annonce, bandeau d'information, réponses types pour le support.

Point de vigilance : la protection par mot de passe masque certains comportements de crawl. Avant la bascule, prévoyez explicitement de retirer cette protection et de vérifier que le robots.txt livré, surtout s'il a été personnalisé, ne contient aucune directive de blocage.

Étape 6  :le jour du basculement

Tout converge ici. La règle d'or : toutes les redirections doivent être actives au moment exact où le DNS bascule. Pas la veille, pas le lendemain. Quelques heures pendant lesquelles les anciennes URL renvoient une 404 suffisent à fragiliser les pages les plus explorées.

Séquence recommandée, idéalement un mardi ou un mercredi matin : trafic faible, équipe et support disponibles, et quatre jours ouvrés devant vous pour corriger.

  • Geler les modifications sur l'ancien site (plus de nouveaux produits ni d'articles) 48 heures avant.

  • Faire un dernier crawl de l'ancien site et l'archiver : c'est votre photo de référence.

  • Activer toutes les redirections 301 dans Shopify.

  • Retirer la protection par mot de passe et vérifier l'ouverture du robots.txt.

  • Basculer le DNS vers Shopify et suivre la propagation.

  • Soumettre le nouveau sitemap XML dans la Search Console (/sitemap.xml).

  • Crawler immédiatement le nouveau site pour vérifier qu'aucune 404 critique ne traîne.

  • Tester à la main 20 à 30 anciennes URL prioritaires : chacune doit renvoyer un code 301 vers la bonne page, en un seul saut.

  • Vérifier que les données remontent dans Analytics et que les conversions se déclenchent.

Pendant cette fenêtre, vérifiez que le robots.txt ne contient pas de Disallow: / hérité de la phase de développement. C'est l'erreur qui peut désindexer une boutique entière, et elle passe inaperçue pendant des semaines si personne ne regarde.

Étape 7  :checklist post-migration et suivi

La migration n'est pas finie à la mise en ligne. La phase de surveillance dure 8 à 12 semaines, le temps que Google explore de nouveau et réindexe l'intégralité du site. Google indique lui-même qu'un site de taille moyenne met quelques semaines à être pris en compte, et davantage pour un grand site. C'est aussi la période où l'on rattrape les oublis, et il y en a toujours.

Checklist des 72 premières heures

  • Sitemap soumis et accepté dans la Search Console, sans erreur de lecture.

  • robots.txt ouvert au crawl, aucune balise noindex résiduelle sur les gabarits indexables.

  • Toutes les redirections prioritaires testées, code 301 confirmé en un seul saut.

  • Aucune 404 sur les pages à fort trafic identifiées pendant l'audit.

  • Balises title et meta description importées et présentes sur chaque gabarit.

  • JSON-LD produit valide, contrôlé avec l'outil de résultats enrichis de Google.

  • Outils de mesure actifs, données et conversions qui remontent.

  • HTTPS forcé et canoniques corrects sur l'ensemble du site.

  • Page 404 personnalisée en place, avec une recherche et des liens vers les collections principales.

Suivi des positions sur 12 semaines

Semaine

Ce que vous surveillez

Comportement normal

S1-S2

Couverture d'indexation, erreurs 404

Pic temporaire de 404, légère baisse de trafic

S3-S4

Positions des mots-clés prioritaires

Volatilité, oscillations de quelques positions

S5-S8

Trafic organique global

Retour progressif au niveau d'avant

S9-S12

Stabilisation

Positions consolidées, parfois meilleures

Suivez le rapport « Pages » de la Search Console pour traquer les 404 résiduelles et ajouter les redirections manquantes au fil de l'eau : une passe hebdomadaire pendant deux mois. Un creux modéré dans les deux premières semaines est attendu et se résorbe. En revanche, un effondrement du trafic qui persiste au-delà de la quatrième semaine signale un problème technique, le plus souvent un blocage du robot ou un lot de redirections cassées, à corriger en urgence.

Profitez de cette fenêtre pour vérifier vos Core Web Vitals (LCP, INP, CLS) : un site plus rapide facilite l'exploration et soutient la récupération des positions. Notre guide sur l'optimisation de la vitesse d'une boutique Shopify détaille les leviers concrets.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Sur les migrations ratées, les mêmes fautes reviennent. Aucune n'est compliquée à éviter ; toutes coûtent des mois de trafic.

  • Rediriger en masse vers la page d'accueil. C'est le raccourci le plus tentant et le plus destructeur : Google peut requalifier ces redirections en soft 404, et rien n'est transmis.

  • Poser les redirections « après le week-end ». Trois jours de 404 sur un catalogue exploré quotidiennement, c'est déjà une désindexation partielle.

  • Ne pas tester les codes retour réels. L'interface affiche une redirection, le serveur renvoie une 302 : seul un crawler tranche.

  • Réécrire les fiches produits pendant la migration. Deux variables changent en même temps, le diagnostic devient impossible.

  • Oublier les URL hors produits : blog, pages CMS, tags, flux, PDF. Ce sont souvent les pages les plus liées depuis l'extérieur.

  • Laisser la préproduction indexable. Un domaine de test exploré par Google, c'est du contenu dupliqué à grande échelle.

  • Arrêter le suivi après deux semaines. Les régressions les plus coûteuses se voient entre la quatrième et la huitième semaine.

  • Migrer en pleine haute saison. Jamais en novembre, jamais pendant les soldes.

Combien de temps et quel budget prévoir

Pour fixer des attentes réalistes selon la taille de votre boutique, voici des ordres de grandeur du marché :

Catalogue

Durée totale

Fourchette de prix

Risque SEO

< 100 produits

2-3 semaines

1 500 - 4 000 €

Faible

100 - 1 000 produits

4-6 semaines

4 000 - 10 000 €

Moyen

> 1 000 produits

8-12 semaines

10 000 - 25 000 € et plus

Élevé sans expertise

Ces fourchettes incluent l'audit, le plan de redirections, le transfert des données et le suivi. Elles excluent une refonte complète du design, qui s'ajoute. Le poste qui ne se négocie jamais : le temps passé sur la table de redirections. C'est lui qui conditionne la réussite SEO, et c'est aussi la première ligne que les devis au rabais suppriment.

Les spécificités selon votre plateforme de départ

La méthode décrite ici s'applique à toutes les migrations. Chaque plateforme d'origine ajoute ses propres pièges (structure d'URL, gestion des variantes, format d'export), que nous traitons en détail dans des guides dédiés :

Consultez le guide correspondant à votre point de départ après avoir posé le plan général décrit ici : la méthode d'abord, les particularités ensuite. Si le choix de la plateforme n'est pas encore arrêté, commencez par notre guide pour changer de plateforme e-commerce.

En résumé

Migrer vers Shopify sans perdre son SEO tient à une discipline d'exécution : auditer chaque URL, associer chaque redirection 301, préserver le contenu et les balises, basculer en une seule fois, puis surveiller pendant 8 à 12 semaines. Rien de magique, tout est méthodique. La marge d'erreur est faible : une seule erreur de robots.txt ou un lot de redirections oubliées peut coûter des mois de trafic.

Vous préparez une migration vers Shopify et voulez sécuriser vos positions ? Nous détaillons notre méthode sur la page migration Shopify, et l'étude de cas Candle'lice montre une migration depuis ePro Shopping menée avec un travail de SEO technique ; d'autres projets sont présentés dans nos réalisations. Pour parler de votre projet, écrivez-nous.

Questions fréquentes

Vais-je perdre mon référencement en migrant vers Shopify ?

Pas si les redirections 301 sont exhaustives et actives dès la mise en ligne. Une baisse temporaire du trafic pendant quelques semaines est normale, le temps que Google explore de nouveau l'intégralité du site. Les positions reviennent ensuite au niveau d'avant, voire au-dessus si la vitesse de chargement et le contenu ont été préservés. Les chutes durables viennent toujours d'une erreur technique identifiable : redirections manquantes, robots.txt fermé, contenu amputé ou balises title regénérées automatiquement.

Combien de temps Google met-il à réindexer après une migration ?

Comptez 8 à 12 semaines pour une réindexation complète et une stabilisation des positions. Les pages prioritaires (fort trafic, nombreux backlinks) sont explorées de nouveau en quelques jours. Le reste du catalogue suit progressivement, au rythme du budget de crawl que Google alloue à votre domaine. Soumettre le nouveau sitemap dans la Search Console dès le jour de la bascule accélère nettement le processus, tout comme un site rapide.

Peut-on garder exactement les mêmes URL sur Shopify ?

Partiellement seulement. Shopify impose ses préfixes /products/, /collections/, /pages/ et /blogs/, que vous ne pouvez pas supprimer. Vous pouvez en revanche conserver les slugs, c'est-à-dire la partie qui suit le préfixe, et c'est ce qu'il faut faire systématiquement pour les pages qui se positionnent. Le chemin complet changera donc presque toujours, d'où l'obligation de poser une redirection 301 pour chaque ancienne adresse indexée.

Faut-il migrer et refondre le design en même temps ?

C'est possible, mais plus risqué. Cumuler un changement de plateforme et une refonte multiplie les variables et complique le diagnostic en cas de chute de trafic : vous ne savez plus si le problème vient des redirections, du contenu réécrit ou du nouveau parcours. La pratique la plus sûre consiste à migrer d'abord avec un thème proche de l'existant, stabiliser les positions sur quatre à six semaines, puis faire évoluer le design. Si vous devez tout faire d'un coup, conservez les contenus et les balises à l'identique et doublez le temps de recette.

Combien de redirections faut-il prévoir pour une migration ?

Autant que d'URL indexées, ce qui dépasse presque toujours le nombre de pages visibles dans votre catalogue. Une boutique de 500 produits génère facilement 1 500 à 2 500 URL une fois comptés les variantes indexées, les catégories, les pages paginées, les articles de blog, les pages CMS et les anciennes URL déjà redirigées sur l'ancienne plateforme. C'est le crawl complet, pas le back-office, qui donne le vrai chiffre. Croisez-le avec la Search Console pour ne rien oublier.

Que faire des pages qui n'ont pas d'équivalent sur la nouvelle boutique ?

Redirigez-les vers la page la plus proche par le sens, jamais vers la page d'accueil par défaut. Un produit arrêté part vers sa collection, une catégorie supprimée vers la catégorie parente, un article de blog fusionné vers l'article qui l'a absorbé. Google peut traiter une 301 vers une page sans rapport comme une soft 404, et rien n'est alors transmis. Si aucune destination pertinente n'existe et que la page ne reçoit ni trafic ni backlink, un code 410 propre est préférable à une redirection trompeuse.

Faut-il garder l'ancien site en ligne après la bascule ?

Le domaine bascule vers Shopify, donc l'ancien site n'est plus accessible publiquement. Gardez néanmoins l'hébergement et la base de données actifs pendant au moins quatre à huit semaines. Vous en aurez besoin pour retrouver une description perdue, vérifier une ancienne balise title, exporter une donnée oubliée ou reconstruire une redirection manquante. Conservez aussi une copie complète du crawl d'avant migration : c'est la seule référence fiable pour diagnostiquer une régression.

Une redirection 302 peut-elle remplacer une 301 pendant la transition ?

Non, jamais pour une migration. Une 302 signale un déplacement temporaire : Google continue d'afficher l'ancienne URL dans ses résultats et ne considère pas la nouvelle comme la référence. Le résultat est le pire des deux mondes, avec des anciennes URL qui restent indexées et des nouvelles qui ne montent pas. La 301 est la redirection qui consolide le signal sur la nouvelle adresse. Vérifiez systématiquement le code retour réel avec un crawler plutôt que de vous fier à l'interface d'administration.

Comment savoir si ma migration a échoué sur le plan SEO ?

Trois signaux d'alerte. D'abord, un effondrement du trafic organique qui persiste au-delà de la quatrième semaine, alors qu'un creux passager est attendu. Ensuite, une chute brutale du nombre de pages indexées dans la Search Console, qui trahit un blocage du robot ou une balise noindex héritée de la préproduction. Enfin, des erreurs 404 sur des URL qui généraient du trafic, visibles dans le rapport « Pages ». Ces trois symptômes se corrigent, mais chaque semaine de retard coûte des positions.

Combien coûte une migration Shopify bien menée ?

En ordres de grandeur du marché, comptez 1 500 à 4 000 € pour une boutique de moins de 100 produits, 4 000 à 10 000 € entre 100 et 1 000 produits, et 10 000 à 25 000 € au-delà. Ces fourchettes couvrent l'audit des URL, le plan de redirections, le transfert des données et le suivi après la bascule. Elles n'incluent pas une refonte complète du design, qui s'ajoute au budget. Le poste à ne jamais sacrifier reste le temps passé sur la table de redirections, car c'est lui qui protège le trafic.

Écrit par

Ylan ColsonFondateur de Lyvora

Ylan Colson a fondé Lyvora à Paris en 2024. Le studio conçoit et développe des sites vitrines et e‑commerce sur‑mesure, sur Shopify et sur Webcosa.

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