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Guides 8 min de lecturePublié le

Cahier des charges e‑commerce : méthode, plan et erreurs

Les sections d'un cahier des charges e-commerce utile : objectifs, catalogue, parcours, intégrations, obligations légales. Méthode et erreurs à éviter.

Sommaire7 parties
  1. À quoi sert un cahier des charges, et à quoi il ne sert pas
  2. La méthode, en cinq temps
  3. Les sections d'un cahier des charges e-commerce
  4. Un plan de départ
  5. Les erreurs fréquentes
  6. Questions fréquentes
  7. Pour aller plus loin

Un cahier des charges e-commerce sert à une chose : que vous et votre prestataire parliez du même projet avant de le chiffrer. Trop court, il laisse chacun imaginer le reste. Trop long, il fige des choix techniques que personne n'a encore évalués. Ce guide donne la méthode pour le rédiger, les sections à couvrir dans l'ordre, et les erreurs qui reviennent le plus souvent.

L'essentiel

  • Un bon cahier des charges décrit des besoins et des contraintes, pas des choix techniques.

  • Il se prépare avec des données (ventes, questions du service client, statistiques) et avec les équipes qui feront vivre la boutique.

  • Douze sections suffisent pour la plupart des projets, du contexte aux modalités de réponse.

  • Chaque fonctionnalité porte une priorité et un critère qui permet de dire, à la livraison, si elle est faite.

  • Les obligations légales et l'accessibilité font partie du périmètre, pas d'une annexe à traiter plus tard.

Résumer avec ChatGPT Claude Perplexity

À quoi sert un cahier des charges, et à quoi il ne sert pas

Le cahier des charges a trois usages. Il aligne votre équipe sur ce que le projet doit produire. Il permet de comparer des propositions qui répondent à la même demande. Il sert de référence pendant le projet, quand une question se pose sur ce qui était prévu.

Il ne sert pas à concevoir la boutique à la place du prestataire. Écrire « un menu déroulant à trois niveaux avec images » est déjà une réponse technique. Écrire « les clientes doivent trouver un produit parmi 600 références en moins de trois clics depuis l'accueil, sur mobile » est un besoin. Le second laisse au prestataire la possibilité de proposer mieux, et vous donne un critère pour juger sa proposition.

Des fiches blanches vierges alignées en grille régulière, dont une seule est bleue.

La méthode, en cinq temps

1. Rassembler les données

Avant d'écrire une ligne, réunissez ce que vous savez déjà : les produits qui se vendent le plus, les pages les plus vues, les appareils utilisés par vos visiteurs, les recherches internes sans résultat, et les dix questions que le service client reçoit le plus souvent. Ces questions sont la meilleure liste de manques de votre boutique actuelle.

2. Interroger les équipes

La logistique sait ce qui ralentit la préparation. Le service client sait ce qui crée des réclamations. Le marketing sait quelles pages il n'arrive pas à créer. La comptabilité sait ce qui ne remonte pas correctement. Une heure avec chacun évite des oublis qui se paient après la mise en ligne.

3. Décrire les parcours

Écrivez, du point de vue d'une cliente, les parcours qui comptent : découvrir la marque, trouver un produit, le choisir, payer, suivre sa commande, retourner un article, recommander. Pour chacun, notez ce qui fonctionne aujourd'hui et ce qui bloque.

4. Prioriser

Classez chaque besoin en trois niveaux : indispensable au lancement, souhaitable, plus tard. Si tout est indispensable, rien ne l'est. Ce tri est aussi ce qui permet d'ajuster un budget sans renoncer à l'essentiel.

5. Relire avec un regard extérieur

Faites relire le document par quelqu'un qui ne connaît pas le projet. Chaque question qu'il pose est une ambiguïté qu'un prestataire aurait interprétée à sa façon.

Les sections d'un cahier des charges e-commerce

1. Contexte et objectifs

Qui vous êtes, ce que vous vendez, à qui, depuis quand, et pourquoi ce projet maintenant. Puis les objectifs, formulés de façon vérifiable : réduire les commandes traitées à la main, ouvrir un nouveau marché, permettre à l'équipe de créer ses pages de lancement seule. Les objectifs de chiffre d'affaires ont leur place, à condition de ne pas les confondre avec un engagement du prestataire.

2. Cibles et marchés

Profils de clientes, pays de vente, langues, devises, vente aux particuliers et aux professionnels ou non. La vente à l'international change la structure du projet : traductions, taxes, livraison, domaines. Sur Shopify, ces sujets relèvent de Shopify Markets, à évoquer dès le cahier des charges.

3. Catalogue

Nombre de produits aujourd'hui et dans deux ans, nombre de variantes par produit, attributs à afficher et à filtrer (matière, taille, origine), produits personnalisables, lots, abonnements, produits numériques. C'est la section qui fait le plus varier un chiffrage. Un détail compte particulièrement sur Shopify : un produit y a au plus trois options et 2 048 variantes ; au-delà, la personnalisation demande un configurateur.

4. Parcours et fonctionnalités

Reprenez les parcours décrits plus haut et listez les fonctionnalités qui les servent. Un tableau suffit, à condition que chaque ligne ait un critère d'acceptation.

Fonctionnalité

Priorité

Critère d'acceptation

Filtres par matière, taille et couleur sur les collections

Indispensable

Les filtres se combinent et le nombre de résultats s'affiche

Panier latéral avec suggestion de produit complémentaire

Souhaitable

La suggestion vient d'une règle modifiable dans l'admin

Compte client avec historique et suivi

Indispensable

La cliente retrouve ses commandes et leur statut sans contacter le service client

Guide des tailles par produit

Indispensable

Contenu modifiable par l'équipe, lisible sur mobile et au lecteur d'écran

Liste d'envies partageable

Plus tard

À chiffrer séparément

5. Design et identité

Votre charte, vos typographies, vos photos, et quelques sites que vous admirez, en précisant ce que vous admirez dans chacun. Indiquez si vous attendez un thème existant adapté ou un thème développé pour la marque. Si votre marque a un design system ou une charte détaillée, joignez-la. Fixez aussi le niveau d'accessibilité visé : pour une boutique qui vend à des particuliers, le niveau AA des WCAG 2.2 est la référence, et l'accessibilité est une obligation depuis le 28 juin 2025, sauf pour les microentreprises.

6. Contenus

Qui rédige les fiches produits, les pages de marque, les pages d'aide ? Qui fournit les photos, et dans quels formats ? Quels contenus de l'ancienne boutique faut-il reprendre ? Les contenus sont la première cause de retard d'un projet e-commerce : mieux vaut le savoir et le planifier.

7. Intégrations

Listez chaque outil qui doit échanger avec la boutique : logistique et transporteurs, ERP ou logiciel de gestion, caisse en boutique physique, CRM, e-mailing, avis clients, comptabilité, moyens de paiement. Pour chacun, précisez le sens des échanges (qu'est-ce qui part, qu'est-ce qui revient), la fréquence, et s'il existe déjà un connecteur.

8. Performance et référencement

Fixez des seuils vérifiables plutôt qu'un vœu de « site rapide ». Les Core Web Vitals de Google fournissent les repères : un INP de 200 millisecondes ou moins, par exemple, pour la réactivité. S'il s'agit d'une refonte ou d'une migration, exigez un plan de redirections couvrant toutes les adresses actuelles, et un suivi après la mise en ligne. Notre guide pour migrer sans perdre son référencement liste ce que ce plan doit contenir.

9. Obligations légales

Elles ne se négocient pas, et elles se prévoient dès la conception. Pour une boutique qui vend à des particuliers en France, au minimum :

La rédaction juridique des textes revient à un juriste. Le cahier des charges, lui, précise où et comment ces informations s'affichent, et qui les tiendra à jour.

10. Exploitation

Qui administrera la boutique au quotidien, avec quels droits ? Quelle formation est attendue, quelle documentation ? Qui assure la maintenance après la mise en ligne, et pour quoi : corrections, évolutions, mises à jour du thème ? Cette section évite le flou le plus fréquent, celui du lendemain de la livraison.

11. Contraintes et budget

Donnez une enveloppe, même large. Sans elle, les propositions reçues ne sont pas comparables : l'une répond avec un thème réglé, l'autre avec un développement complet. Si une date est contraignante (un salon, un lancement, une saison), indiquez-la avec sa raison. Une date motivée se discute, une date arbitraire se subit.

12. Modalités de réponse

Ce que vous attendez dans la proposition : compréhension du besoin, démarche, planning, équipe, références comparables, détail du chiffrage par lot, conditions de maintenance. Indiquez vos critères de choix et comment vous les pondérez. C'est aussi le moment de préciser à qui appartiendront le code et les contenus produits.

Un plan de départ

Voici un plan à copier. Supprimez ce qui ne vous concerne pas plutôt que de remplir des sections pour la forme.

Code
1. Contexte et objectifs
   1.1 L'entreprise et la marque
   1.2 La boutique actuelle et ses limites
   1.3 Objectifs du projet, formulés de façon vérifiable
2. Cibles et marchés
3. Catalogue (volumes, variantes, attributs, cas particuliers)
4. Parcours et fonctionnalités (tableau priorité / critère)
5. Design et identité (charte, références, niveau d'accessibilité)
6. Contenus (qui produit quoi, reprise de l'existant)
7. Intégrations (outil, sens des échanges, fréquence)
8. Performance et référencement (seuils, redirections)
9. Obligations légales (affichage et mise à jour)
10. Exploitation (rôles, formation, maintenance)
11. Contraintes et budget (enveloppe, date motivée)
12. Modalités de réponse et critères de choix
Annexes : statistiques, exports, charte, captures de l'existant

Les erreurs fréquentes

Décrire la boutique d'un concurrent

« Comme le site de telle marque » ne dit pas ce qui vous plaît, ni si cela convient à votre catalogue. Décrivez ce que vous voulez reproduire, et pourquoi.

Imposer des choix techniques

Nommer une app ou une architecture avant d'avoir exposé le besoin enferme le projet. Si une contrainte technique existe vraiment (un ERP imposé par le groupe, par exemple), elle va dans les contraintes, avec sa raison.

Oublier l'existant

Une refonte ou une migration hérite d'adresses indexées, de clientes, d'avis, de codes promo, de cartes cadeaux. Si rien n'est dit, rien n'est prévu.

Négliger le back-office

Le cahier des charges décrit souvent ce que voit la cliente et oublie ce que vit l'équipe : préparer une commande, publier une collection, gérer un retour. Ce sont pourtant ces gestes qui reviennent chaque jour.

Tout classer en indispensable

Une liste sans priorité oblige le prestataire à tout chiffrer au même niveau, et vous prive de la possibilité d'arbitrer. Trois niveaux suffisent.

Ne prévoir aucun critère d'acceptation

« Une recherche performante » ne se vérifie pas. « La recherche tolère les fautes de frappe courantes et propose des produits dès trois lettres » se vérifie. Sans critère, la livraison se discute au lieu de se constater.

Figer le document

Un cahier des charges évolue pendant les échanges avec les prestataires : leurs questions révèlent des manques. Versionnez-le, et transmettez la même version à tous.

Pour la vue d'ensemble d'un projet de boutique, plateformes et étapes comprises, notre guide sur la création d'un site e-commerce complète celui-ci.

Questions fréquentes

Qui doit rédiger le cahier des charges ?

La personne qui porte le projet côté marque, avec les contributions des équipes concernées : logistique, service client, marketing, finance. Le prestataire peut aider à le structurer lors d'un atelier de cadrage. Il est préférable que le besoin soit exprimé par ceux qui le vivent, et que les choix techniques viennent ensuite.

Quelle longueur doit faire un cahier des charges e-commerce ?

La longueur qui permet de répondre sans deviner. Quelques pages structurées, avec des tableaux et des annexes, valent mieux qu'un long document qui répète des généralités. Ce qui compte, ce sont les volumes, les priorités et les critères d'acceptation.

Faut-il imposer la plateforme dans le cahier des charges ?

Si le choix est déjà fait pour de bonnes raisons, oui, en l'expliquant. Sinon, décrivez les besoins et laissez les prestataires argumenter leur recommandation. C'est aussi un bon moyen de juger leur compréhension de votre projet.

Peut-on demander au prestataire de rédiger le cahier des charges ?

Oui, sous forme d'une mission de cadrage distincte, avec ateliers et livrable. Le document produit vous appartient alors et peut servir à consulter d'autres prestataires. Méfiez-vous en revanche d'un cahier des charges rédigé gratuitement par celui qui répondra ensuite : il risque de décrire ce qu'il sait faire plutôt que ce dont vous avez besoin.

Faut-il indiquer son budget ?

Oui. Une enveloppe, même large, permet aux prestataires de proposer une réponse adaptée au lieu de deviner. Sans elle, vous recevez des propositions impossibles à comparer. Indiquer un budget n'oblige pas à le dépenser entièrement : il fixe un cadre.

Pour aller plus loin

Un cahier des charges clair raccourcit les échanges et rend les propositions comparables. C'est par cette étape de cadrage que commence chaque création de boutique Shopify que nous menons. Si vous voulez nous soumettre le vôtre, ou le construire avec nous, écrivez-nous.

Écrit par

Ylan ColsonFondateur de Lyvora

Ylan Colson a fondé Lyvora à Paris en 2024. Le studio conçoit et développe des sites vitrines et e‑commerce sur‑mesure, sur Shopify et sur Webcosa.

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