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Guides 17 min de lecturePublié le

Projet Shopify en agence : déroulé, délais, livrables

Entre la signature et la mise en ligne d'une boutique Shopify confiée à une agence : phases types, qui fait quoi, livrables et calendrier réaliste.

Sommaire14 parties
  1. Ce que vous achetez vraiment quand vous confiez votre boutique à une agence
  2. Ce que le projet doit produire, et comment on le saura
  3. Les phases d'un projet Shopify, dans l'ordre
  4. Qui fait quoi : la matrice à poser avant de signer
  5. Les livrables à exiger, phase par phase
  6. Le calendrier réel
  7. Ce qui allonge un projet, et ce qui ne l'accélère pas
  8. Les validations : combien d'allers-retours, et sur quoi
  9. La recette : ce qu'il faut vérifier avant d'accepter la mise en ligne
  10. Après la mise en ligne : formation, garantie, autonomie
  11. Les erreurs qui coûtent le plus cher
  12. Où se situe ce projet côté budget
  13. Un projet cadré avant d'être chiffré
  14. Questions fréquentes

Ce qui fait dérailler un projet Shopify n'est presque jamais la technique. Installer un thème, brancher un moyen de paiement, importer un catalogue : ces gestes sont maîtrisés par n'importe quel prestataire sérieux. Les projets qui s'enlisent butent presque tous sur la même chose. Personne n'avait écrit qui devait produire quoi, à quel moment, ni ce qu'il fallait avoir en main pour passer à la phase suivante.

Cet article décrit le déroulé type d'un projet de boutique confié à une agence, tel qu'on le rencontre sur le marché : les phases dans l'ordre où elles se succèdent, la répartition des rôles entre l'agence et vous, les livrables qui closent chaque étape, un calendrier réaliste, et ce qu'il faut vérifier avant d'accepter la mise en ligne. Chaque prestataire a ses variantes ; la logique, elle, reste la même.

Il ne parle ni du choix de la plateforme, sujet de notre guide sur la création d'un site e-commerce, ni de conversion, traitée dans créer une boutique Shopify qui convertit. Il parle de conduite de projet : la partie que l'on découvre en général en la subissant.

Ce que vous achetez vraiment quand vous confiez votre boutique à une agence

Vous n'achetez pas des heures de développement. Vous achetez trois choses, et c'est sur elles qu'il faut juger une proposition.

Un déroulé. Une suite de phases ordonnées, avec un point d'entrée et un point de sortie pour chacune. Une agence qui ne peut pas décrire son déroulé avant de commencer improvisera pendant.

Des livrables. Des objets concrets que vous recevez et que vous pouvez relire : une arborescence, des maquettes, un environnement de préproduction, un procès-verbal de recette, des accès. Un livrable est ce qui permet de dire « cette phase est terminée » sans discussion.

Des arbitrages assumés. C'est la partie que l'on sous-estime. Une agence utile vous dit ce qu'il ne faut pas faire : renoncer à une fonction qui ne servira pas, réduire le nombre de gabarits, décaler une mise en ligne qui tombe pendant votre haute saison. Un prestataire qui accepte tout produit exactement le projet que vous aviez en tête, avec ses erreurs.

Ce que vous n'achetez pas : la disparition de votre propre travail. Un projet e-commerce demande du temps côté client, et c'est l'objet de la matrice plus bas.

Quatre étapes d'un même vase en céramique, de la boule d'argile au vase émaillé bleu.

Ce que le projet doit produire, et comment on le saura

Avant de parler de phases, il faut fixer ce que l'on mesure. C'est la question qui manque dans la plupart des briefs, et son absence explique bien des projets décevants.

Trois objectifs, pas douze. Une boutique en ligne dans un délai donné, un taux de conversion plancher à tenir sur mobile, une autonomie réelle pour ajouter un produit sans appeler personne. Trois objectifs mesurables suffisent ; un projet qui en porte douze n'en atteint aucun.

Un état de départ noté. Si vous avez déjà une boutique : chiffre d'affaires mensuel, panier moyen, taux de conversion, trafic organique, positions sur vos requêtes principales. Sans ces repères, le projet sera déclaré réussi quoi qu'il arrive, y compris si les ventes ont baissé.

Une définition écrite de « terminé ». C'est le point le plus utile de tout le cadrage. Le projet est terminé quand une commande test passe de bout en bout, que les e-mails transactionnels partent avec votre habillage, que les redirections sont en place et que quelqu'un chez vous a ajouté un produit seul. Pas quand la maquette plaît.

Les phases d'un projet Shopify, dans l'ordre

Les agences ne découpent pas toutes leurs projets de la même façon : certaines regroupent ces huit phases en trois ou quatre étapes contractuelles, d'autres les détaillent davantage. L'ordre, lui, varie peu. Et l'inverser est la source de dérapage la plus fréquente.

1. Cadrage

Une à deux séances pour poser l'offre, la cible, le catalogue, les contraintes commerciales (livraison, retours, pays, TVA), l'échéance et les trois objectifs. On y tranche aussi les questions qui coûtent cher plus tard : qui rédige les fiches produits, qui fournit les photos, qui décide.

C'est la phase la plus rentable du projet, et celle que l'on saute le plus souvent. Un cadrage bâclé se paie en allers-retours pendant le design, au moment précis où chaque correction coûte le plus.

2. Architecture du catalogue

On dessine la structure : collections principales, sous-collections, règles d'appartenance des produits, navigation, filtres, fil d'Ariane. Le livrable est une arborescence écrite, pas une intention.

C'est l'étape la plus déterminante pour le référencement, et la moins visible. Une collection correspond à une intention d'achat et à une requête ; une boutique dont les collections ont été improvisées se rattrape ensuite à coups de redirections. La logique complète est dans notre guide du SEO des pages collection.

3. Contenus et fiches produits

C'est l'étape la plus longue en temps calendaire, parce qu'elle dépend en partie de vous. Elle couvre la rédaction des fiches, les textes de collections, les pages de réassurance, les pages légales, et la production ou la sélection des photos.

Elle vient avant le design, pas après. Concevoir des maquettes sur du texte provisoire produit des gabarits dans lesquels le vrai contenu ne rentre pas, puis des textes tronqués pour tenir dans la maquette. Nos repères de structure sont dans optimiser ses fiches produits pour le SEO Shopify.

4. Design des gabarits

Le designer conçoit les modèles (accueil, collection, fiche produit, panier, pages de contenu), d'abord en version mobile, puis en version grand écran. Vous validez des maquettes, pas des idées.

C'est ici que le budget bascule le plus vite : chaque gabarit unique supplémentaire représente du travail en plus, aujourd'hui et à chaque évolution future. Deux tours de révision suffisent généralement quand les contenus sont prêts ; il en faut bien davantage quand ils ne le sont pas.

5. Intégration du thème

Les maquettes deviennent des gabarits réels : rapides, accessibles et surtout paramétrables, c'est-à-dire découpés en sections que vous pourrez réorganiser seul ensuite. Ce dernier point détermine votre autonomie pour les années à venir, et il se vérifie avant la mise en ligne, pas après. L'accessibilité n'est pas un bonus : depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act s'applique à la plupart des sites marchands, comme le détaille notre article sur l'accessibilité d'une boutique en ligne.

Sur Shopify, le travail se fait sur un thème non publié, pendant que la boutique actuelle continue de vendre s'il y en a une.

6. Paramétrage commercial

C'est la phase invisible qui décide si vous encaissez. Elle couvre les moyens de paiement, les zones et grilles de frais de port, les transporteurs, la TVA et les règles fiscales, les stocks, les e-mails transactionnels, la politique de retour, les CGV, les mentions légales et le bandeau de consentement. Pour une vente aux consommateurs de l'Union européenne, elle inclut aussi, depuis le 19 juin 2026, le bouton de rétractation devenu obligatoire.

Rien de tout cela ne se voit sur une maquette, et c'est pourtant là que se logent la plupart des mauvaises surprises. Notre article sur la politique de retour explique pourquoi cette pièce est un levier commercial et non une formalité.

7. Recette et commandes de test

On passe la boutique au crible avant de la rendre publique : parcours d'achat complet sur mobile et sur grand écran, commande réelle, remboursement réel, e-mails reçus, calcul des frais de port et des taxes, affichage des stocks, pages légales, mesure d'audience, plan de redirections en cas de migration.

La liste détaillée figure plus bas. Cette phase produit un document, pas une impression : ce qui a été testé, par qui, et ce qui reste ouvert.

8. Mise en ligne, formation, suivi

Bascule du domaine, vérification du certificat, soumission du plan de site, activation de la mesure. Puis une période de surveillance pendant laquelle on corrige ce que la recette n'a pas attrapé. Il y a toujours quelque chose, parce que le trafic réel fait des choses que personne n'avait prévues.

Et une formation : quelqu'un chez vous doit savoir ajouter un produit, modifier un prix, traiter une commande et un retour, sans appeler qui que ce soit.

Qui fait quoi : la matrice à poser avant de signer

C'est le tableau qui évite le plus de conflits. Chaque ligne doit avoir un responsable nommé, pas un « à voir ensemble ».

Sujet

Côté agence

Côté vous

Objectifs et arbitrages

Propose, alerte sur les impasses

Décide, et une seule personne décide

Arborescence des collections

Conçoit et justifie

Valide, apporte la connaissance métier

Fiches produits

Rédige, ou fournit le modèle et relit

Fournit la matière technique, valide

Photos produits

Cadre le besoin, retouche, optimise

Produit ou commande les prises de vue

Design

Conçoit les gabarits

Valide dans le nombre de tours prévu

Intégration et paramétrage

Réalise

Fournit comptes, contrats transporteurs, taux de TVA

Textes légaux

Met en place, alerte sur les manques

Fournit ou fait rédiger, et les assume

Recette

Teste et documente

Teste aussi, avec ses propres cas réels

Formation

Forme

Désigne la personne à former

Accès et propriété

Restitue

Détient le domaine et le compte dès le départ

Deux lignes méritent une insistance particulière. Une seule personne décide : chaque décideur supplémentaire ralentit le projet, parce que chaque validation devient une réunion et que des sujets tranchés reviennent sur la table. Et le nom de domaine doit être à votre nom dès le premier jour. C'est le seul actif vraiment irremplaçable, et beaucoup d'entreprises découvrent au pire moment qu'il appartient à un ancien prestataire injoignable.

Les livrables à exiger, phase par phase

Un livrable est ce qui permet de dire qu'une phase est finie. Sans lui, les phases se chevauchent et le projet n'a plus de fin.

Phase

Livrable attendu

Cadrage

Compte rendu écrit : objectifs, périmètre, responsabilités, échéance

Architecture

Arborescence des collections et de la navigation, page par page

Contenus

Fiches produits validées, textes de collections, pages légales

Design

Maquettes des gabarits, mobile et grand écran

Intégration

Accès à un environnement de préproduction consultable

Paramétrage

Récapitulatif des règles : paiement, livraison, taxes, retours

Recette

Compte rendu de tests : ce qui a été vérifié, ce qui reste ouvert

Mise en ligne

Plan de redirections appliqué, accès restitués, support de formation

Si une proposition commerciale ne nomme aucun de ces objets, demandez-les avant de signer. Une agence qui travaille proprement les produit de toute façon ; les inscrire au devis ne lui coûte rien et vous protège. La grille complète de lecture d'un devis est dans devis site internet : comment le lire et le comparer.

Le calendrier réel

La question du délai reçoit souvent une réponse trop optimiste, parce que le prestataire compte ses jours de travail et non le calendrier, qui inclut vos validations. Les ordres de grandeur ci-dessous sont ceux que l'on observe couramment sur le marché.

Type de projet

Jours de travail

Délai calendaire

Thème configuré, catalogue et contenus fournis

Quelques jours

2 à 4 semaines

Thème retravaillé, catalogue à structurer

2 à 4 semaines

6 à 10 semaines

Design sur mesure, fiches rédigées, photos à produire

4 à 8 semaines

10 à 16 semaines

Migration d'une boutique existante avec historique

Variable

8 à 20 semaines

Ces fourchettes sont indicatives : elles dépendent surtout de la taille du catalogue, du nombre d'intégrations avec d'autres logiciels et de la disponibilité côté client. Elles servent à repérer une promesse irréaliste, pas à fixer un engagement.

L'écart entre les deux colonnes vient presque toujours de la même cause : l'attente des contenus et des validations. Si vous voulez tenir un délai court, la meilleure chose à faire n'est pas de presser l'agence. C'est de bloquer dans votre agenda les créneaux de rédaction, de relecture et de test avant le début du projet.

Un rétroplanning type, semaine par semaine

Voici comment peut se répartir un projet à thème retravaillé sur huit semaines. Il ne s'agit pas d'une norme mais d'un exemple de séquencement : ce qui compte, c'est que chaque semaine ait une sortie identifiable et que vos créneaux de validation soient posés à l'avance.

Semaine

Côté agence

Ce qui est attendu de vous

1

Cadrage, audit de l'existant

Séance de cadrage, accès, export du catalogue

2

Arborescence des collections, plan de contenu

Validation de l'arborescence

3-4

Rédaction ou relecture des fiches, textes de collections

Photos produits livrées, relecture des fiches

4-5

Maquettes des gabarits, mobile puis grand écran

Retours groupés, deux tours maximum

5-6

Intégration du thème, sections paramétrables

Fourniture des taux de TVA, contrats transporteurs

6-7

Paramétrage commercial, import du catalogue, pages légales

Validation des grilles de frais de port et des CGV

7

Recette interne, préproduction consultable

Vos propres tests, avec vos cas réels

8

Bascule, redirections, formation

Disponibilité le jour de la mise en ligne

Deux points de vigilance sur ce calendrier. Les photos produits doivent être commandées en semaine 1, pas en semaine 3 : leur délai dépend d'un tiers, et c'est l'élément le plus difficile à rattraper. Et la semaine 8 n'est pas la fin du projet mais le début de la période de surveillance : gardez de la disponibilité juste après, pas juste avant.

Ce qui allonge un projet, et ce qui ne l'accélère pas

Quatre causes expliquent l'essentiel des retards, et aucune n'est technique.

Les photos produits qui n'arrivent pas. C'est la première, de loin. Une séance photo se planifie des semaines à l'avance, et sans images, ni les fiches ni les maquettes ne peuvent être finalisées.

Le nombre de décideurs. Chaque validateur supplémentaire ajoute des jours à chaque étape, et multiplie les avis contradictoires sur des sujets déjà tranchés.

Les changements de périmètre en cours de route. Ajouter une langue, un pays ou un mode de livraison après le design ne coûte pas seulement le développement : cela rouvre des décisions déjà prises.

Les données catalogue en mauvais état. Un export avec des variantes incohérentes, des références en double ou des prix hors taxes mélangés à des prix TTC demande un nettoyage que personne n'avait chiffré.

À l'inverse, ce qui n'accélère rien : ajouter des personnes à l'équipe de l'agence, réduire la recette, ou lancer avec des fiches produits provisoires « qu'on complétera après ». Cette dernière option est la plus tentante et la plus coûteuse : les fiches provisoires restent en ligne pendant des mois, et sont indexées telles quelles.

Les validations : combien d'allers-retours, et sur quoi

Le nombre de tours de révision doit être écrit noir sur blanc, avec ce qui se passe au-delà. Deux tours sur les maquettes sont un usage courant, et c'est suffisant quand les contenus sont prêts.

La règle qui fait gagner le plus de temps : on ne rouvre pas une décision validée à la phase précédente. Si l'arborescence a été validée, on ne la rediscute pas pendant le design. Si les maquettes ont été validées, on ne les rediscute pas pendant l'intégration. Ce n'est pas de la rigidité administrative : une décision rouverte tardivement coûte bien plus cher qu'au moment où elle aurait dû être prise, parce qu'elle oblige à refaire tout ce qui a été construit dessus.

Une bonne pratique côté client : regrouper les retours. Une liste unique et priorisée vaut mieux que douze e-mails successifs, dont les derniers contredisent les premiers.

La recette : ce qu'il faut vérifier avant d'accepter la mise en ligne

C'est la phase que les projets pressés sacrifient, et c'est celle qui protège le mieux. Voici ce qui doit être testé réellement, pas seulement déclaré.

Le parcours d'achat. Une commande complète sur téléphone et sur ordinateur, avec un vrai moyen de paiement, jusqu'à la confirmation. Puis un remboursement réel, pour vérifier que le circuit fonctionne dans les deux sens.

Les e-mails transactionnels. Confirmation de commande, expédition, annulation, remboursement : tous doivent partir, arriver, et porter votre habillage plutôt que le gabarit par défaut de la plateforme.

Les frais de port et les taxes. Testés sur chaque zone où vous vendez, avec un panier léger et un panier lourd, et le seuil de livraison offerte s'il existe.

Les stocks. Comportement d'un produit en rupture, d'une variante indisponible, d'un produit en précommande.

Le mobile. Pas « ça s'affiche » : le tunnel entier, au pouce, sur une connexion médiocre. Les détails qui comptent sont dans notre article sur l'UX mobile.

La vitesse. Mesurée sur la fiche produit et la page collection, pas seulement sur l'accueil. Nos repères sont dans optimiser la vitesse de sa boutique Shopify.

Les pages légales. CGV, mentions légales, politique de confidentialité, politique de retour, bouton de rétractation pour la clientèle européenne, et bandeau de consentement fonctionnel avec un refus aussi simple que l'acceptation.

La mesure. Les événements d'achat remontent avant la mise en ligne, et non trois semaines après. Voir tracking Shopify, GA4 et consentement.

Les redirections, en cas de migration. Chaque ancienne adresse qui recevait du trafic ou des liens pointe vers son équivalent le plus proche. La méthode complète est dans migrer vers Shopify sans perdre son SEO.

Après la mise en ligne : formation, garantie, autonomie

Le projet ne s'arrête pas à la bascule, et ce qui est prévu pour les semaines suivantes fait partie de ce que vous achetez.

Les premiers jours. Surveillance des erreurs d'exploration, contrôle des redirections principales, vérification que les commandes réelles se comportent comme les commandes de test. Une fluctuation de trafic pendant quelques semaines après une migration est normale ; une chute franche et durable signale un problème de redirections à traiter immédiatement.

La formation. Ajouter un produit, modifier un prix, créer une collection, traiter une commande, gérer un retour, publier un article. Une boutique que personne ne sait faire vivre vieillit très vite.

La garantie et le support. Vérifiez ce qui est inclus après la livraison, et pendant combien de temps : corrections, ajustements, réponses aux questions. Cette ligne varie fortement d'une proposition à l'autre, et c'est le genre de point à comparer explicitement entre deux devis.

Le rythme de croisière. Un point mensuel court suffit : commandes, taux de conversion, positions sur les requêtes principales, erreurs techniques. Les boutiques qu'il faut refondre entièrement au bout de trois ans sont souvent celles que l'on n'a pas touchées pendant trois ans.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Faire le design avant le contenu. Cela produit des gabarits dans lesquels le vrai contenu ne rentre pas, puis des fiches tronquées pour tenir dans la maquette. Le contenu commande la forme, jamais l'inverse.

Ne désigner personne pour la rédaction. Le client pense que c'est inclus, l'agence pense que le client fournira. Résultat : la boutique sort avec des descriptions fournisseur recopiées, qui ne vendent pas et ne se référencent pas.

Sauter la recette pour tenir une date. Une boutique mise en ligne sans commande test réelle encaisse mal, et personne ne s'en aperçoit avant la première réclamation.

Multiplier les décideurs. Ce n'est pas une question de politesse interne : chaque validateur supplémentaire allonge le calendrier et dilue la responsabilité.

Ne pas être propriétaire de ses accès. Domaine, compte de la plateforme, comptes de mesure, comptes transporteurs : tout doit être à votre nom, dès le départ.

Tout changer en même temps. Nouvelle plateforme, nouveau design, nouvelle arborescence, nouveau domaine. Si les ventes chutent, impossible de savoir laquelle des quatre décisions en est la cause.

Où se situe ce projet côté budget

Le budget d'un projet confié à une agence dépend surtout de trois variables : la taille du catalogue, le nombre de gabarits et la prise en charge, ou non, des contenus. Les ordres de grandeur poste par poste sont dans combien coûte un site Shopify, et la comparaison avec les autres types de sites dans prix d'un site internet.

En amont, deux lectures complètent celle-ci : le cahier des charges e-commerce à préparer avant de consulter, et les neuf critères pour choisir son agence web.

Un projet cadré avant d'être chiffré

La partie la plus rentable d'un projet e-commerce est celle qui précède le devis : savoir ce que la boutique doit produire, avec quel catalogue, et qui fait quoi.

Vous préparez une boutique Shopify et voulez partir d'un cadrage solide ? Notre accompagnement est présenté sur la page création de boutique Shopify ; pour parler de votre projet, écrivez-nous.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour créer une boutique Shopify avec une agence ?

Sur le marché, on observe couramment 2 à 4 semaines pour un thème configuré avec un catalogue et des contenus déjà prêts, et 6 à 10 semaines pour un thème retravaillé avec une arborescence à construire. Il faut davantage si le design est dessiné sur mesure ou si vous migrez une boutique existante avec son historique. Le travail de l'agence représente rarement l'essentiel du calendrier. Le reste est occupé par la production des contenus, les photos et les validations côté client.

Quelles sont les étapes d'un projet e-commerce en agence ?

Dans l'ordre : cadrage, architecture du catalogue, contenus et fiches produits, design des gabarits, intégration du thème, paramétrage commercial (paiement, livraison, taxes, obligations légales), recette et commandes de test, puis mise en ligne avec formation et suivi. Les agences regroupent ces phases différemment, mais l'ordre varie peu. L'inverser, notamment en dessinant avant d'écrire, est la première cause de dérapage.

Qui rédige les fiches produits, l'agence ou moi ?

Cela doit être tranché par écrit avant la signature, parce que c'est la ligne qui déplace le plus un devis et un calendrier. Un arbitrage courant consiste à faire rédiger par un professionnel les références qui portent l'essentiel du chiffre d'affaires, et à écrire les autres vous-même à partir d'un modèle fourni par l'agence. Ce qu'il ne faut jamais faire, c'est laisser la question ouverte. La boutique sortirait alors avec les descriptions du fournisseur.

Quels livrables une agence doit-elle fournir ?

Au minimum : un compte rendu de cadrage écrit, l'arborescence des collections, les maquettes des gabarits, un accès à un environnement de préproduction et un récapitulatif des règles commerciales paramétrées. S'y ajoutent un compte rendu de recette, le plan de redirections appliqué et la restitution de tous les accès. Chacun de ces livrables marque la fin d'une phase. Une proposition qui n'en nomme aucun laisse toute latitude sur ce qui sera réellement produit.

Peut-on créer la nouvelle boutique sans couper l'ancienne ?

Oui, et c'est la façon normale de procéder. Le projet se construit sur un thème non publié ou dans un environnement séparé pendant que la boutique actuelle continue de vendre. La bascule se fait ensuite en une opération courte, redirections comprises. Il n'y a aucune raison d'afficher une page « site en construction » pendant plusieurs semaines, ni d'arrêter d'encaisser pendant le projet.

Combien d'allers-retours de validation sont inclus ?

Deux tours de révision sur les maquettes sont un usage courant, et c'est suffisant quand les contenus sont prêts. Le point à vérifier dans le devis n'est pas seulement le nombre de tours, c'est ce qui se passe au-delà : facturation au temps passé ou tour supplémentaire offert. La règle qui fait gagner le plus de temps reste de ne pas rouvrir une décision validée à la phase précédente. Regrouper ses retours dans une liste unique aide aussi beaucoup.

Qu'est-ce qu'une recette, et pourquoi ne faut-il pas la sauter ?

La recette est la phase de vérification avant mise en ligne : commande réelle de bout en bout, remboursement réel, e-mails transactionnels, frais de port et taxes par zone, ruptures de stock, parcours mobile complet, pages légales, mesure d'audience et redirections. Elle produit un document qui liste ce qui a été testé et ce qui reste ouvert. Sans elle, les défauts se découvrent par les réclamations des clients. C'est-à-dire trop tard, et au prix de ventes perdues.

Que se passe-t-il après la mise en ligne d'une boutique ?

Une période de surveillance s'ouvre : erreurs d'exploration, redirections, comportement des premières commandes réelles. Elle s'accompagne d'une formation pour que quelqu'un chez vous soit autonome sur l'ajout de produits et le traitement des commandes. Vérifiez la durée et le contenu du support inclus après la livraison. C'est une ligne qui varie beaucoup d'une proposition à l'autre.

Faut-il un cahier des charges avant de consulter une agence ?

Pas un document de quarante pages, mais un écrit qui tranche l'essentiel : objectifs, état des lieux, catalogue, périmètre fonctionnel, responsabilité du contenu, contraintes de calendrier. C'est ce qui permet de recevoir des devis comparables, au lieu de trois propositions qui décrivent trois projets différents. Notre guide dédié détaille ce qu'un cahier des charges e-commerce doit contenir.

Combien de temps dois-je consacrer au projet de mon côté ?

Plus que vous ne l'imaginez, et c'est la première cause de retard. Valider une arborescence, relire des fiches produits, rassembler des photos, décider d'une grille de frais de port, tester des commandes : cela représente des dizaines d'heures réparties sur plusieurs semaines, qui reposent souvent sur une seule personne. Bloquez ces créneaux dans votre agenda avant le début du projet. Si ce n'est pas possible, dites-le à l'agence pour que le périmètre en tienne compte.

Écrit par

Ylan ColsonFondateur de Lyvora

Ylan Colson a fondé Lyvora à Paris en 2024. Le studio conçoit et développe des sites vitrines et e‑commerce sur‑mesure, sur Shopify et sur Webcosa.

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